Dernier avatar de la dérive sectaire et dogmatique du mouvement Ni Putes Ni Soumises.
Pour rappel, un député français s’est donc suicidé en se tirant une balle en pleine tête, après avoir tué sa compagne avec la même arme.
Comme il est de tradition lorsque l’un des leurs disparaît, les membres de l’Assemblée Nationale ont donc rendu hommage au député en respectant une minute de silence.
Ce qui n’a pas eu l’heur de plaire au mouvement Ni putes Ni Soumises.
Extraits de leur intervention à ce propos, avec mes commentaires à la suite :
D’abord le titre :
"Une minute de silence qui légitime les violences faites aux femmes"
Djû ! Voilà un raccourci plutôt couillu ! Ainsi donc, si on en croit NPNS, le fait de rendre hommage à ce député, signifierait ipso facto qu’on approuve son geste ! Bigre ! A ce compte-là, les visiteuses de prison peuvent désormais s’abstenir de leurs tête-à-tête hebdomadaires avec les assassins dûment condamnés, sous peine de se voir taxées de complaisance envers les crimes perpétrés par leurs petits protégés…
"cette histoire est également un drame pour une femme"
Qui songerait à dire le contraire ? D’ailleurs, c’est également un drame pour les 2 enfants qu’elle laisse derrière elle.
"qui a été battue pendant dix minutes, avant d’être exécutée."
Un témoin affirme que. Ce qui ne garantit nullement que les choses se soient passées comme il le dit. Déjà qu’il serait plus qu’étonnant qu’à cette saison, ce témoin soit benoîtement installé sur sa terrasse, à siroter tranquillement son Ricard… donc, qu’a-t-il vu au juste ?
Mais bon, on peut comprendre que NPNS soit tout content de faire feu de ce bois-là, fût-il un peu mouillé…
Ensuite, cette façon de présenter les choses induit implicitement qu« il la battait », sous-entendu
« régulièrement ». Bel exercice de manipulation « en douce »...
"alors qu’une femme meurt tous les deux jours et demi sous les coups de son mari, quel message la République adresse t-elle à toutes ces victimes ?"
Euh, je sais pas, moi… c’est quand même pas une incitation à faire pareil, si ? A moins que, gardant le sens de la mesure, les collègues de ce député aient tout simplement voulu dire qu’aussi terrible qu’ait pu être son acte, cela n’en faisait pas obligatoirement un monstre sanguinaire, à exclure définitivement du genre humain. Mais bon, c’est tellement meilleur quand, pour défendre une cause, on peut se focaliser sur LA partie la plus noire d’un être humain, tout en veillant à le vider de tout ce qui pourrait le rendre moins affreux…
Cette façon d’envisager – et de présenter – les choses, porte un nom : la mauvaise foi. Et quand elle est le fait d’un groupe, comme ici, cela s’appelle du sectarisme.
"Quel signal est lancé à tous les bourreaux alors que l’on apprend ce matin que la majorité des violences conjugales est commise par l’entourage proche des victimes ?"
D’abord, les « violences conjugales » sont, par définition, toujours perpétrées… par un « proche », puisqu’elles sont – forcément ! - le fait du (de la)… partenaire de vie !
Ensuite, s’il plaît à NPNS de qualifier de « bourreau » un type qui, apparemment, a pêté un cable, pourquoi pas ? Après tout, il est de notoriété publique que les bourreaux ont l’habitude de se suicider après avoir fait subir les pires sévices à leurs victimes…
"Le Mouvement Ni Putes Ni Soumises interpelle Valérie Létard, Secrétaire d’Etat à la Solidarité, afin qu’elle puisse s’exprimer dans l’enceinte de l’Assemblée Nationale face aux parlementaires, et présenter au nom du Gouvernement, ses condoléances à la jeune femme victime et à sa famille."
Oui, c’est vrai qu’il est de tradition de présenter ses condoléances… au mort lui-même ! On imagine déjà la délégation de NPNS autour du cercueil de la victime, la mine de circonstance et lui présentant leurs condoléances à elle-même… mais bon, à la famille, pourquoi pas ? Oui mais … et quid des autres victimes de violences conjugales ? Pourquoi des condoléances « nationales » pour cette victime-là et pas pour les autres ? Ah oui, c’est vrai : parce que le… « bourreau » - ce salaud - est un représentant de la Nation.
Bref, que NPNS se dise choqué par ce geste, on peut le comprendre. Mais cela ne légitime pas cette demande implicite d« ostracisation », au prétexte que cet homme aurait posé un acte inexcusable, effaçant tout le reste, et notamment son action en tant qu’élu du peuple.
Enfin et surtout :
Se dire choqué du geste de l’Assemblée, c’est signifier qu’on a donc déjà jugé l’énergumène - que l’on présente d’ailleurs comme un bourreau – et qu’on l’a d’ores et déjà… condamné et déclaré coupable !
Et la prévention d’innocence, dans tout ça ? Pfuit, envolée ! Comme quoi, les Droits de l’Homme, oui, mais à condition que le type soit « présentable »…
Quant à la demande d’ostracisation et d’exclusion, implicitement contenue dans ce message, ce n’est ni plus ni moins qu’une tentative d’infléchir le comportement d’un groupe (l’Assemblée Nationale, en l’occurrence) pour qu’il se conforme à un dogme (rendre hommage à un sale type, c’est pas bien et ça devrait être interdit !) édicté par un groupe de pression (Ni Putes Ni Soumises) et érigé, par ce groupe, en diktat absolu.
Un premier pas vers le totalitarisme ?
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